Archives de catégorie : Musique

Le Roi René

le-roi-reneIl y a des biographies que l’on prendrait volontiers pour des romans. Celle de René Urtreger est tellement improbable, que l’on a du mal à croire que c’est la vraie histoire de cet immense pianiste de jazz bop et de ces contemporains les plus célèbres. En tournant les pages de « Le Roi René », je pense à ma lecture de « Charlotte » et au trouble que la cohabitation du meilleur et du pire avait fait naître en moi. Je crois que l’amplitude de l’histoire de ce juif ashkénaze d’origine Polonaise est plus intense encore.
Sa lecture me ramène à cette perspective de la bipolarité de chacun, qui fait de la détresse le tribut du sublime (et du travail). Comme si l’amplitude de la courbe du talent n’existait qu’au prix de son exact symétrique dans l’univers de la déchéance physique et psychologique. C’est une pensée dérangeante quand on sait qu’au premier rang du pire dans cette histoire aussi, figure celle de la Shoa. Quand s’y superpose l’ambiance particulière du milieu jazz professionnel d’après-guerre, on se demande si ces garçons et ces filles de 20 ans avaient la moindre chance d’y survivre sans leur égarement dans les limbes des drogues dures. Il faut absolument voir « Ray », « Bird », « Whiplash », lire le « Roi René » comme autant de témoignages sociologiques et civilisationnels de notre histoire proche. Je sais déjà à qui je vais offrir ce livre qu’un cousin musicien m’a recommandé. Merci Eric.

Les demi-frères, duo sur Nougaro

Les demi frèresEnfin quelques rayons de soleil réchauffent une soirée Parisienne. Comme l’on sort d’une forme d’hibernation, l’envie de sortir est instinctive. Ce sera au théâtre, au Lucernaire. Souvenir de mon ancien quartier de bureau et de quelques soirées improvisées entre le quinzième, septième et sixième arrondissement. « Les demi-frères, duo sur Nougaro », c’est le spectacle choisi pour ce cocktail artistique dont la mise en scène mélange musique, cabaret et théâtre dans un genre original et de qualité. Une lumière chaude (dans tous les sens du terme), enveloppe les différents tableaux que les « noirs » successifs viennent rythmer comme un diaporama. Nougaro c’est l’un des artistes que j’entendais dans ma maison d’enfance et dont les disques tournaient sur l’une de ces machines que l’on trouve encore dans quelques brocantes de province. Je m’aperçois que je connais la plupart des chassons. Les paroles me reviennent comme d’une mémoire enfouie, mais dans ce décor pourtant minimaliste, elles révèlent un sens nouveau. J’écoute, je ressens, cette résonnance me troublent. Le swing, le choix des harmonies, la qualité du texte, forment une émouvante ode à l’amour, celui qu’un homme peut parfois ressentir pour une femme.

 

Stomp

Stomp Stomp. Cette fois j’y suis avec mon filleul de 17 ans avec qui je partage la passion de la batterie. En une quinzaine d’années, c’est la troisième fois que j’assiste à leur spectacle. Je me demande si cette troisième représentation, certes relativement distante de la dernière, aura la même magie que les deux premières. A peine ais-je le temps de me poser la question, que je suis déjà emporté par la puissance du show au décor « street art ». De nouveau la chorégraphie toujours aussi moderne intègre à merveille tous les éléments de ce spectacle. C’est tellement bien fait qu’on en oublierait presque l’incroyable performance de ces acteurs musiciens, dont on a du mal à imaginer l’origine tant le spectre de leurs compétences entre école du cirque et conservatoire de musique, est large.
Evidement quand on est un peu initié, on est impressionné par le niveau de performance musicale et par l’orchestration de ces paternes rythmiques parfois complexes. Sur ces instruments qui ne le sont que dans ce contexte, les techniques utilisées sont même sans doute plus difficiles qu’elles ne le seraient sur de vrais instruments. On perçoit l’investissement physique fourni pour faire sonner des couvercles de poubelles, des ballais, des pots de peinture, des lavabos et bien d’autres objets encore, tantôt en guise de cymbales, de claves ou de tambours. J’ai passé un super moment avec Louis et avec ce spectacle ; à voir absolument et à revoir régulièrement certainement.

Résiste

ResisteCe n’est pas un acte militant et les événements Parisiens n’avaient pas altéré mon désir de voir ce spectacle; mais la salle n’est pas remplie. C’était hier nous sommes au palais des sports. Nous assistons à « Résiste » la comédie musicale qui revisite au travers d’un conte sans saveur, une partie du répertoire écrit par Michel Berger pour France Gall.
D’abord je suis immédiatement happé par la qualité de l’écriture et celle des arrangements de Michel Berger, merveilleusement interprétés par des musiciens de talent. Le mix est parfait et la salle debout, ondule au rythme de la pulsation bien binaire de la plupart des morceaux.
Le décor est magnifique et intelligent. Intelligent par la modernité des partis-pris du décorateur pour restituer les différentes ambiances de cette boite de nuit. Enfin si innover c’est faire les choses autrement pour produire une valeur nouvelle, alors la chorégraphie est innovante, autant dans la technicité des tableaux qui passent du premier au deuxième plan, sans presque ne jamais s’interrompre, que dans l’hétérogénéité du casting des danseurs. C’était un très joli moment du répertoire de la chanson et du talent Français.

Emotions

Louis BertignacC’était un vrai beau moment d’émotion. Vendredi soir, Paris au Bus. Concert privé de Louis Bertignac. Je suis invité par mon copain Bruno. Bertignac, Aubert, Téléphone, c’est mes premiers concerts. Les premiers morceaux joués dans des groupes de musique à la sortie de l’adolescence. Vendredi soir j’avais dix-huit ans, comme beaucoup d’ailleurs des trois cents personnes présentes. Comme si on avait retrouvé un amour de jeunesse qui aurait superbement vieilli. C’était au fond le sens de ce concert : dire que l’amour résiste aux corps qui vieillissent. Et même à ceux qui vieillissent plus vite que les autres. Ce concert c’est le cadeau offert par une association de copains : Zumarika, à l’un des leurs atteint d’un stade avancé de la maladie de Charcot. C’était une vraie leçon d’amitié, un super moment de fraternité. Merci.

Faites de la musique

Voilà je crois, un bon conseil pour l’apprentissage du partage, et la découverte d’un plaisir où l’ensemble est toujours bien plus que la somme de chaque contributeur. C’est en tout cas la sensation que j’en ai depuis ces années à jouer avec ma bande de si précieux amis musiciens. Cette année, associer autant de chanteurs en même temps, a décuplé je crois notre plaisir collectif. Certes quelques coupes de champagne ont sans doute facilité la révélation de talents insoupçonnés. Elles ne sont en tout cas pas la cause des yeux rouges sur les photos prises au flash. Je partage volontiers les premières avec vous en attendant d’en recevoir d’autres. Vive la fête de la musique et rendez-vous l’année prochaine !

La Tête à TOTO

Une minute de vidéo, c’est peu pour résumer deux heures trente de concert. C’est hier soir au Zénit, le concert de TOTO. Evidement j’y suis. Je suis un inconditionnel depuis 25 ans (comme une grande partie du public d’ailleurs). C’est pour moi un des groupes au top de la pop music. Tout y est : la qualité de l’écriture, des arrangements des musiciens des chanteurs, jusqu’aux tableaux de lumière parfaitement réglés. C’était un pur plaisir et comme toujours pour les concerts, décuplé par la présence de ceux qui vous accompagnent. C’était le premier concert pour mon filleul, 14 ans, ça se fêtent ! Bon anniversaire Louis.

Sur un nuage


Il y a une heure, je tombe presque par hasard sur ce truc. C’est un titre de référence dans le calendrier de ma vie. C’est une de ces musiques qui fixe à jamais les souvenirs indélébiles d’une période, d’un état émotionnel. Je crois que tout le monde a ce type de références. J’ai 23 ans. Je joue ce morceaux de quelques accords dans un groupe. Je le chante. J’aime le groove primaire de cette chanson. J’ai une profonde admiration pour l’univers artistique de Charlélie Couture (excellent tennisman), pour son rock poétique, pour sa peinture, ses sculptures. Putain c’est bon d’avoir 23 ans!

Prélude

Je rentre de déjeuner. Jean Marie est fan d’Alexandre Astier dont le talent est incontestablement polymorphe. Il attire mon attention sur son interprétation en 15/16 (c’est pour le moins pas courant) du premier prélude en Do de Bach! C’est parti. C’est énorme, j’adore. On discute, j’argumente. Nous partageons maintenant la version historique de Jacques Loussier et les cinq minutes de sa variation swing du même morceau. Grosse transgression du sacré dans les années 60 pour ce concertiste de renom. C’est maintenant Maurane qui démontre simplement le sens de cette mélodie essentielle. On l’écoute, c’est sympa chanté. Alors on pense à Gounod et cet incroyable ‘Ave Maria’ posé sur cette harmonie. Wahoo!, l’après-midi de travail s’annonce mélancolique. Je me le refais à fond à la maison ce soir.

Solfège

Gully

Ça, c’est un souvenir de l’école de musique. Moi, c’était le cours de Michel Gully. (Rien à voir avec la chaine pour enfants, c’était juste le nom du prof de solfège de chez Beucher, boulevard Beaumarchais à Paris). Pour ceux qui s’initient, il faut lire en faisant  « ta » à chaque valeur de note. Une variante consiste à taper sur la table avec le doigt, ou mieux selon les profs avec le bout d’un crayon. Ça c’est la surprise de mes enfants après une demi-heure de répet avec la jeune fille au pair… sans doute une autre manière de bosser le solfège ! C’était le premier samedi des vacances, le premier rayon de soleil, le premier apéro dans le jardin ; pour la pédago on verra lundi. Sympa votre surprise les gars!