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Charlotte

CharlotteJe discute de mon cahier des charges avec la vendeuse de la FNAC. Il est assez précis. J’ai le projet de partager cette lecture. Elle me propose immédiatement « Charlotte » de David Foenkinos l’auteur de « La délicatesse ». Je l’achète. Je n’ai pas l’impression de le lire. Quelqu’un me raconte une histoire. Je suis incapable d’en interrompre le récit, j’irai jusqu’au bout. Je ressens immédiatement que, dans ce large spectre d’émotions et de sentiments, le pire va côtoyer le meilleur. Ma défense s’organise. L’idée que les pires contraintes et en particulier la privation de liberté, favorise le génie me fait horreur. Je me convins que sa liberté d’exister n’aurait eu aucun impact sur l’expression du talent de Charlotte Salomon, au contraire. En revanche, je ressens presque physiquement l’effet dévastateur de cette Allemagne antisémite des années 30 sur ces âmes créatives, enfermées, empêchées d’exprimer leurs émotions. En se réfugiant dans la dépression jusqu’à la folie morbide, elles me donnent l’impression d’avoir implosées. Je prends une grande bouffée de notre liberté, comme une bouffée de l’oxygène de l’âme. Je me promets de nouveau de ne jamais me priver d’en jouir.
Nous n’échangerons finalement pas nos points de vue sur cette lecture. Je parcours les dessins de Charlotte Salomon trouvés sur internet. Je suis interpelé par leur modernité. Les clés fournies par la lecture du roman, éclairent la valeur de la couleur ainsi que l’impact du juste équilibre entre gravité et naïveté. Quelque chose de sensuel se dégage. L’horreur du récit de la Shoa m’empêche de m’y laisser aller. J’y reviendrai plus tard.

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la-delicatesse

Aujourd’hui c’est ma carte chance « gagnez six heures de vie ». Je voyage depuis Paris vers la côte est des Etats Unis. C’est donc le temps que m’offre le décalage horaire. Quelques heures me serviront à déjeuner et à dormir partiellement. Le reste est suffisant pour vivre l’histoire de Nathalie dans « La délicatesse » de David Foenkinos. Je lis le livre en une fois. Du meilleur au pire, je suis emporté dans le flot d’émotions de ses histoires d’amour. Au bout du livre la sincérité et la générosité triomphent. Elles transcendent les apparences et les convenances. C’est un peu trivial, mais j’avoue que j’ai aimé cette évidence simpliste de la morale amoureuse. Aimer audelà des apparences et des convenances, n’est-ce pas aimer vraiment?