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Danser au Bord de l’Abîme

Quel plaisir de lire du Delacourt ! J’adore cette écriture et les émotions qu’elle génère. Tout : les mots, les phrases, leur sens, leur son… m’emportent pages après pages dans l’histoire de ce roman d’amour à fleur de peau. Jusqu’à la dernière page, chaque dénouement révèle une héroïne habitée par sa représentation de l’amour. C’est si délicat parfois, qu’on voudrait penser que l’auteur en est une femme.
Mais plus je tourne les pages, plus j’ai néanmoins l’impression que ce fantasme d’absolu amoureux, n’existe qu’au prix du sacrifice du bonheur ordinaire. Je n’aime pas cette idée et la représentation religieuse qu’elle évoque en moi. Le sublime n’existe que dans son incarnation, que s’il est fait de peaux, de chairs, de parfums, de baisés, de murmures… D’ailleurs cette femme prête à renoncer à presque tout pour préserver une forme d’esthétisme amoureux existe-t-elle ? Peut-elle exister ailleurs que dans un fantasme finalement très masculin ?
« Ceci n’est pas l’amour », mais bien une certaine représentation de l’amour, aurait alors pu dire Magritte devant ce tableau. Mais qu’elle meilleure école amoureuse que les histoires que l’on fantasme quand elles nous apprennent à aimer tellement mieux dans la vraie vie ! A lire absolument pour enrichir son âme, sa vie.

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La première chiose que l'on regardeJ’avais aimé la liste de mes envies. Je lis la première chose que l’on regarde de Grégoire Delacourt, avec ce désir de retrouver cette ambiance de quotidien sublime. Cette fois le fantasme est masculin. C’est celui de la femme fatale qui frappe à la porte. Je connais peu le cinéma américain. L’actrice qui matérialise la beauté de l’héroïne m’est inconnue. Elle devient donc mon propre fantasme amoureux pour ce voyage sentimental. Sommes-nous amoureux de l’autre, de son image, de celle qu’il se donne ? De la première à la dernière page, cette question habite le récit. La conviction de l’auteur s’impose finalement comme une vérité fatale. Je crois aussi à l’absolue impudeur de l’amour dans le rituel de la lente découverte de l’autre. C’était une belle lecture, comme les histoires d’amour sont belles, même quand elles révèlent les tragédies des blessures qui les animent.

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La liste de mes enviesPoint commun entre un voyage à Londres et une intervention chirurgicale? Le temps d’attente avant l’objectif. Du temps? Ce sera donc du temps de lecture, et les deux heures nécessaires pour traverser la liste de mes envies, de Grégoire Delacourt. Ne sommes nous capables que d’un bonheur sous contraintes, ou saurions nous le construire dans l’absolu si tout nous était possible? C’est la question que m’a posée Jocelyne dans les 200 pages de son histoire. Le livre refermé, j’ai emporté ma réponse dans le rien si particulier de l’asnesthésie.