La contrebasse

La contrebasseLa contrebasse. Souvenir inoubliable d’un parcours initiatique au théâtre il y a plus de vingt ans. Il m’offre l’accès à la proximité de personnages que le cinéma avait pourtant iconisé. En l’occurrence Jacques Villeret. Même après toutes ces années, j’ai toujours le souvenir de cet immense acteur, et du ressenti de sa propre dépression au service du cynisme du texte et de ce rôle. Il y a quelques semaines, en moins de dix minutes, le talent de Clovis Cornilliac me détourne de toute tentative de comparaison. Je me concentre sur le sens de la pièce que son jeu transcende. Le scénario se déroule. Irrémédiablement, le sacré devient dramatiquement ordinaire, sous la contrainte des difficultés du genre humain. La pièce dépasse son propre contexte. Au-delà de la déprime d’un musicien d’orchestre de grande musique, elle remet en cause la valeur de grandeur que nous donnons a priori aux choses. Je m’interroge. Si les choses n’ont finalement que la valeur que nous leur donnons, alors j’aime croire en notre capacité à faire naître le sublime de l’ordinaire, plutôt que de faire de l’ordinaire l’endroit de la perte du beau et du sacré. J’ai de nouveau adoré cette pièce. J’aime le théâtre.

 

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